Transversal.org  /  Démarche transdisciplinaire

DANSE + VOIX + ARCHITECTURE

Thierry Bidet

      La transdisciplinarité tend à passer au-delà de la simple juxtaposition de langages propres à des disciplines différentes, et au-delà de la simple appropriation des outils, des modes de pensée, des méthodologies, des typologies...

 
    La première phase consiste en la confrontation du corps dansé avec un espace ayant une structure particulière, avec ses propres tensions entre matière et vide, entre spatialité dilatée et comprimée, entre ombre et lumière, entre chaud et froid, entre son réverbéré ou absorbé... (la liste est loin d'être exhaustive).
    Cette confrontation cherche à utiliser les potentialités du lieu. La structure du mouvement pourra s'appuyer sur celle du lieu, renforçant ainsi son amplitude, ou au contraire contraster avec la structure du lieu renforçant ainsi les tensions générées par la spatialité du lieu. Le photographe et/ou le vidéaste sont des acteurs qui interagissent avec le(s) danseur(s), leur position dans l'espace est importante, ils se positionnent afin de saisir au mieux les tensions mises en jeu par la relation danse/espace et quelquefois apporter une interprétation personnelle par le choix de leur point de vue, consciemment ou non; c'est pourquoi certaines photographies sont chargées d'un " sens supplémentaire " que le danseur n'avait pas prévu.
    Les documents résultants (photos, vidéos, enregistrements) constituent un premier niveau de représentation. Il y a les photographies inédites, et les autres prises dans la foulée , avec une composition plus ou moins alléatoire, jusqu'à celles où ne subsiste que le fantôme du danseur. Ces derniers documents pourront devenir une source d'inspiration, ou bien nous inciteront à perfectionner les procédés utilisés afin de mieux capter les phénomènes.
  Photographe Hélène Brissac
  ©Thierry Bidet & Hélène Brissac

 
    La seconde phase consistera à "digérer" les expérimentations réalisées afin de constituer petit à petit un langage artistique à part entière où danse et architecture sont étroitement liées.
    Ce langage comportera sa propre plasticité, découlant des phénomènes découverts lors des expérimentations, à leur tour "modélisables" et exploitables dans une création chorégraphique et architecturale. Une méthodologie d'entraînement devra être mise en place afin de constituer petit à petit une sorte de vocabulaire chorégraphique spécifique aux dispositifs traités.
    Les documents résultant de la première phase(photos, vidéos, enregistrements) ont fait émerger des représentations inattendues qui dépassent les problématiques inhérentes à la relation espace/mouvement décrites dans la première partie. On voit apparaître des symboliques rattachées à des codes culturels, ou des émotions rattachées à un "inconscient collectif", dans le sens où plusieurs spectateurs possèdent des systèmes de représentation en commun, inculqués par leur éducation ou par l'Histoire. Si on choisit de les conserver, ces thèmes sensibles pourront être traités quand le langage artistique de base, en cours d'élaboration, véritable médium vers un second niveau de représentation sera arrivé à une certaine maturité.
    Photographe Hélène Brissac
  ©Thierry Bidet & Hélène Brissac
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